{"id":218,"date":"1973-05-18T01:23:00","date_gmt":"1973-05-18T00:23:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/?p=218"},"modified":"2026-07-13T17:56:25","modified_gmt":"2026-07-13T15:56:25","slug":"218","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.web-art.us\/blogfiction\/1973\/05\/18\/218\/","title":{"rendered":"Dan et Hicks and his Hot licks"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">Dan Hicks et son petit chien aveugle Stiky`<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/13-Four-or-Five-Times-1.mp3\" autoplay preload=\"auto\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/dan-et-les-badges-puants\/\" data-type=\"page\" data-id=\"120\">j&rsquo;ai de bons souvenirs de DameHicks quand il \u00e9tait un ivrogne d\u00e9cha\u00een\u00e9. En cliquant sur ce lien, vous aurez une id\u00e9e de l&rsquo;ampleur de sa folie. Ceci est une histoire vraie et seuls les noms de ses amis ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s. La narration argotique me semblait correspondre le mieux. \u00c0 l&rsquo;impression que m&rsquo;a laiss\u00e9 cette aventure.<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dan Hicks demeure l\u2019une des figures les plus singuli\u00e8res de la musique am\u00e9ricaine de la c\u00f4te ouest. \u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 San Francisco vibrait sous les d\u00e9flagrations psych\u00e9d\u00e9liques, les guitares satur\u00e9es et les utopies hallucin\u00e9es de la fin des ann\u00e9es soixante, lui semblait avancer dans une autre direction, presque \u00e0 rebours du si\u00e8cle. Tandis que les foules cherchaient la transe \u00e9lectrique, Hicks ramenait avec une \u00e9l\u00e9gance d\u00e9sinvolte les vieux fant\u00f4mes du swing, du jazz manouche, des cabarets enfum\u00e9s et des orchestres populaires oubli\u00e9s. Il donnait l\u2019impression d\u2019un homme qui aurait travers\u00e9 le tumulte hippie sans jamais s\u2019y abandonner compl\u00e8tement, comme un joueur de poker ironique entr\u00e9 par erreur dans une r\u00e9volution psych\u00e9d\u00e9lique<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec Dan Hicks and His Hot Licks, il inventa un univers musical presque impossible \u00e0 classer, o\u00f9 les harmonies f\u00e9minines, les violons nonchalants et les guitares acoustiques rempla\u00e7aient la brutalit\u00e9 du rock alors triomphant. L\u2019absence presque totale de batterie donnait \u00e0 cette musique un flottement particulier, une mani\u00e8re de suspendre le temps. Chez Hicks, tout semblait l\u00e9ger, presque improvis\u00e9, mais cette d\u00e9contraction cachait une sophistication musicale remarquable. Ses chansons portaient un humour \u00e9trange, raffin\u00e9, souvent absurde, derri\u00e8re lequel apparaissait une m\u00e9lancolie discr\u00e8te. Il savait sourire du monde sans le condamner, transformer une conversation insignifiante en petite sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre surr\u00e9aliste, puis laisser soudain affleurer une \u00e9motion v\u00e9ritable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa personnalit\u00e9 fascinait autant qu\u2019elle d\u00e9routait. Dan Hicks ne ressemblait ni aux proph\u00e8tes psych\u00e9d\u00e9liques de Californie, ni aux rock stars avides de gloire. Il cultivait une forme d\u2019\u00e9l\u00e9gance boh\u00e8me, presque aristocratique, m\u00eal\u00e9e d\u2019ironie et de d\u00e9tachement. On sentait chez lui le refus instinctif du spectaculaire et du commerce tapageur de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. Il pr\u00e9f\u00e9rait les clubs intimistes aux stades, les arrangements subtils aux d\u00e9monstrations de puissance, les clins d\u2019\u0153il musicaux aux slogans g\u00e9n\u00e9rationnels. Cette ind\u00e9pendance lui valut de demeurer longtemps un artiste admir\u00e9 davantage par les musiciens et les connaisseurs que par le grand public.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, cette marginalit\u00e9 m\u00eame explique aujourd\u2019hui la permanence de son \u0153uvre. L\u00e0 o\u00f9 tant d\u2019artistes de la contre-culture restent enferm\u00e9s dans leur \u00e9poque, Dan Hicks para\u00eet avoir \u00e9chapp\u00e9 au vieillissement du temps. Sa musique flotte encore comme un r\u00eave am\u00e9ricain l\u00e9g\u00e8rement ivre, quelque part entre un saloon poussi\u00e9reux, un club de jazz de San Francisco et une route nocturne perdue dans l\u2019Ouest. Derri\u00e8re son humour d\u00e9tach\u00e9 et son apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 subsiste l\u2019impression d\u2019un homme qui avait compris tr\u00e8s t\u00f4t que la v\u00e9ritable \u00e9l\u00e9gance artistique consiste moins \u00e0 suivre son \u00e9poque qu\u2019\u00e0 inventer silencieusement la sienne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dan Hicks et son petit chien aveugle Stiky` j&rsquo;ai de bons souvenirs de DameHicks quand il \u00e9tait un ivrogne d\u00e9cha\u00een\u00e9. 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